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La grogne monte chez les sapeurs-pompiers, la rentrée risque d'être tendue !

 

 

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SÉCURITÉ CIVILE

SDIS : élus et pompiers interpellent l’Etat sur les investissements financiers

Publié le 03/08/2017 • Par Céline Groslambert • dans : Actu experts prévention sécurité, France

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Au terme d’une semaine d’incendies ravageurs dans le Sud-Est et en Corse, le président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNSIS), Olivier Richefou dénonce « le risque que l’Etat fait peser sur la nécessaire modernisation des moyens opérationnels des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) ». En cause, les « fortes contraintes budgétaires » qui pèsent sur les départements et les collectivités locales, mais aussi la menace d’abandon d’un « système de gestion opérationnelle des SDIS unifié », outil jugé essentiel pour les services de secours.

 

 

Alors que les Canadairs étaient de retour ces dernières heures dans le sud-est, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dressé le 2 août en conseil des ministres le bilan d’une campagne exceptionnelle de lutte contre les feux de forêts, avec déjà « 12 000 hectares brûlés à la fin du mois de juillet » pour cette année 2017.

Louant « l’engagement sans faille de l’ensemble des services de secours », le ministre a détaillé les moyens humains et matériels mis en œuvre, dont la flotte aérienne de la sécurité civile. L’ampleur de la catastrophe avait déclenché ces derniers jours une polémique au sujet de ces moyens, avec de nombreux appels en ce sens lancés par la communauté des sapeurs-pompiers. Et l’inquiétude continue de peser quant à l’investissement financier lié aux opérations.

« Si des annonces ont été faites par l’Etat pour l’achat de nouveaux moyens aériens, la question du financement des moyens au sol, tant matériels qu’humains demeure pleine et entière » a déclaré le président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNSIS) dans un communiqué de presse publié le 28 juillet. « Les conseils départementaux, et les collectivités du bloc communal qui financent les SDIS, et qui comme chacun le sait sont confrontés à de fortes contraintes budgétaires, ont besoin de lisibilité pour ces budgets » a-t-il souligné. L’élu de la Mayenne fait en particulier référence à « la loi du 27 décembre 2016 relative aux sapeurs-pompiers professionnels et aux sapeurs-pompiers volontaires » et à ses « dispositions concernant le financement de la prestation de fidélisation et de reconnaissance (PFR) des sapeurs-pompiers volontaires ». Olivier Richefou a rappelé que cet accord conclu « entre les élus et la FNSPF » induisait « des économies immédiates pour les collectivités comme pour l’Etat ». Et d’ajouter : « en conséquence, l’Etat a retranché 32 millions d’euros de la dotation globale de fonctionnement des départements en 2017. Une partie de cette somme, 20 millions d’euros, a été inscrite au budget de la sécurité civile comme dotation de soutien aux investissements structurants des SDIS ».

 

Le SGO en ligne de mire

Parmi ces investissements prévus : un système informatique de gestion opérationnelle (SGO), outil destiné à optimiser la coordination entre les SDIS et à faciliter l’emploi de leurs ressources à l’échelle nationale. Or, le 27 juillet, la FNSPF a dénoncé l’abandon de ce projet dans un communiqué véhément : « Incendies dans le Sud de la France : au cœur de la crise, l’Etat décide de rogner encore sur les moyens ». Réclamée de longue date par la Fédération, la création de ce système de gestion opérationnelle avait été « annoncée en grande pompe par l’Etat au printemps dernier » et « avançait à grands pas », précise le communiqué.

Contacté par la Gazette des communes, le colonel Grégory Allione, vice-président de la FNSPF, explique, concernant le SGO : « L’idée, c’est d’avoir un système de gestion des opérations novateur, unifié pour l’ensemble des SDIS, et de pouvoir faire remonter les informations en temps réel à tout le monde. Avec ce type d’outil, en termes de renforts, etc., on peut aller beaucoup plus vite. On peut même avoir une gestion des compétences au niveau national ». Sur le pont comme l’ensemble de ses collègues depuis le début des incendies, le colonel s’indigne : « L’annonce s’est faite en interne : la DGSCGC (Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises) nous a dit d’arrêter de travailler sur le projet. On nous coupe les vivres. En pleine guerre ! ».

 

Départements et pompiers unanimes

Intervenant au lendemain de cette annonce, le communiqué d’Olivier Richefou insiste sur l’importance de « financer un système de gestion opérationnelle des SDIS », ce « afin d’améliorer la coordination des services ». Concernant l’enveloppe de 20 millions d’euros destinée aux investissements structurants des SDIS, il met en garde : « Si l’Etat y renonçait, il manquerait gravement à sa parole et à ses devoirs ». Des déclarations immédiatement approuvées via Twitter par le Dr Patrick Hertgen, vice-président chargé du secours d’urgence à la FNSPF : « Le président de la CNSIS est clair : supprimer l’investissement d’Etat pour le système national d’alerte/opérationnel serait une erreur stratégique ». Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des départements de France (ADF), a également tweeté : « Incendies : les départements font face à leurs responsabilités. Olivier Richefou et l’ADF demandent à l’Etat de faire de même ».

En ce début du mois d’août, alors que de nouveaux départs de feu sont d’ores et déjà à déplorer dans le Sud-Est et en Corse, les services d’incendie et de secours se retrouvent d’emblée fortement sollicités. Dans le contexte actuel, tendu, de réductions budgétaires, nul doute que la controverse sur leur financement va également se poursuivre.

 

 

 

 

 

 

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